• L’écriture...
  • Première journée du salon, mon premier débat celui d’ouverture

    : La conférence-débat intitulée  « la littérature africaine et les jeunes d'Europe »

    J’étais à part, ma couleur de peau justifiait-elle ma présence ?

    « Mon livre parle d’amour : un sujet universel » qui traverse les frontières, les âges. J’adore écrire et me retrouvais à coté de confrères. Cependant au delà de l'aspect commun  de notre passion, nous avions une manière de l’exprimer et de la partager bien différente :

    • « Nous ne sommes pas beaucoup à écrire »...oh non je pense que nous sommes beaucoup  et encore tant à être méconnus.

    • ton « parcours » ou tes « etudes » ne doivent en aucun cas légitimer ou justifier ta production.

    L’écriture et l’imaginaire m’habitent, je ne peux lutter. A celui qui ne parle pas mais cite : ne crois pas que des incultes t’écoutent car si c’est le cas, ils n’ont que faire  de ces noms ; remplacer Socrates par Peter Pan n’auraient aucun effet sur eux. Cependant les autres y voient des paillettes bien fades pour un discours manquant cruellement de consistance.

    Trop citer tue la citation!

    Il y a deux types d’auteurs ceux qui se font citer et ceux qui citent les autres!

    Le débat fut intéressant et pleins d’échanges. Il tourna vite en combat de générations.

    L’une assoiffée de vérité sur une Afrique spoliée de son Histoire et des jeunes enclins à l’imaginaire. J’étais à part car étais le seule à ne pas avoir écrit sur l’Afrique.  Je ne suis pas friand des étiquettes et il fut évident qu’ « auteur africain » semblait en être une. En effet parce que d’origine africaine vous deviez écrire sur l’Afrique et vous vous deviez d’aspirer à l’authenticité.

    Un intervenant utilisa le terme « authenticité de l’inspiration » si j’adhérais au terme, il ne correspondait point à sa façon de penser. Il attachait l’auteur africain à une mission d’authenticité dans son récit. Au contraire, il serait dommageable de restreindre le romancier africain à un rôle d’historien. Devons-nous nous priver de l’imaginaire et de talents, au nom d’une Histoire que nous avons perdu ? Libre à tout africain de chercher cette dernière via les différents medias que constituent les livres, internet, articles, travaux de recherches et autres thèses…

    Il pourra dès lors construire sa propre vision de l’histoire à partir de « ses vérités et contre-vérités ».

    A la fin de cette journée d’ouverture Pie Tshibanda nous fit la grâce de l’un de ses merveilleux contes. Le temps de sa prestation, je retournai en enfance et me rappelai les récits de ma mère. Je connaissais Pie Tshibanda de nom et sa voix de conteur m’était familière, je ne connaissais pas encore le plus important ; sa réflexion et sa façon de penser. Il s’agit d’un homme réfléchi qui a su toucher des générations.